Les fondaments de la stratégie navale au XXIe siècle, Coll. « Bibliothèque stratégique », Economica, Paris, 2009, 496 pages.

Si la guerre sur mer a considérablement évolué depuis les travaux de Mahan ou de Corbett, ces vingt dernières années ont laissé la place à des mutations profondes, tant d’un point de vue conceptuel que technologique. Cet ouvrage tente d’en dresser la cartographie, en montrant les évolutions de la géopolitique théorique, des stratégies des moyens, des conceptions nationales, de la stratégie théorique, de la tactique ou de l’apparition de nouvelles catégories de missions (lutte contre la piraterie, diplomatie navale ou encore lutte contre le terrorisme maritime). Pour autant, les évolutions qui touchent les marines ne sont pas orphelines. Elles s’enracinent dans des conceptions stratégiques et tactiques dont les fondements ne sont pas altérés mais, au contraire, sont revalorisés.

Derrière ces évolutions ne manque pas de se poser la question des formes qui seront prises, demain, par la guerre navale. Or, la résurgence de combats, que ce soit en haute mer ou à proximité des littoraux, reste possible, y compris dans le cadre de techno-guérillas navales et d’engagements irréguliers, dont le caractère strictement côtier pourrait ne pas être immuable. Dans le même temps, nombreuses sont les marines, asiatiques principalement, qui connaissent un processus de développement qualitatif et quantitatif remarquable, là où les forces européennes progressent qualitativement mais régressent quantitativement. Or, ces développements semblent peu pris en compte dans la littérature stratégique francophone.

En cherchant à montrer la complexité des tendances et des constantes de la guerre navale contemporaine, cet ouvrage cherche également à montrer les spécificités de l’art de la guerre sur mer, dans un contexte où elle devra, de plus en plus, entrer en synergie avec les forces terrestres et aérospatiales.

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Table des matières

Table des illustrations

Glossaire des abréviations

Introduction

1. Le cadre technique : une suite de révolutions

2. Continuité du cadre environnemental

3. Le cadre stratégique, source de l’action maritime

4. Définir le cadre praxéologique des marines de guerre contemporaines

1ère partie. Asseoir la stratégie navale

Chapitre 1. Les stratégies maritime et navale et leurs acteurs

1. Définir les stratégies maritimes et navales
1.1. Stratégie maritime et puissance maritime
1.2. Stratégie navale et puissance navale

2. Les acteurs non-étatiques
2.2. L’acteur non-étatique comme acteur des stratégies étatiques
2.3. Le terrorisme maritime
2.4. Vers des guérillas maritimes ?

3. Les acteurs étatiques
3.1. La multinationalisation
3.2. Les coalitions navales
3.3. Une anamorphose navale du processus de mondialisation ?

4. Les composants de l’État et leurs impacts sur la stratégie navale
4.1. Le rôle des opinions publiques
4.2. Le poids des militaires

Chapitre 2. Géopolitique et puissance navale

1. La géopolitique classique
1.1. Mackinder, ses apports et son héritage
1.2. Spykman et l’importance du rimland

2. États « maritimes » Vs. États « continentaux »
2.1. Le cas américain 2.2. Le cas britannique
2.3. Le cas japonais
2.4. Le cas chinois
2.5. Relativité de l’identité maritime ; puissance navale et démocratie
2.6. Variabilité des identités continentales et maritimes

3. La distinction présence/projection/maintien
3.1. Variabilité des postures
3.2. L’estompement des postures ?
3.3. La contrainte de la géographie

4. Les apports de la géopolitique contemporaine
4.1. Les réactualisations de Mackinder et Spykman
4.2. Une géopolitique ethnocentrique ?
4.3. Géopolitique contre-intuitive et maîtrise des flux : le renouvellement de la
géopolitique

5. La maîtrise des temps courts et longs comme condition de la puissance
5.1. Temps courts et temps long
5.2. Eléments de chronostratégie navale

2ème partie. Stratégie navale des moyens

Chapitre 3. Stratégie navale et structures de forces

1. Technologie et stratégie navale : le rôle central de la stratégie des moyens
1.1. De la prospective à la stratégie génétique
1.2. Dynamique technologique et représentations de la puissance

2. Rapports de force navals
2.1. La marine de premier rang : l’US Navy
2.2. Le second rang : France et Grande-Bretagne
2.3. Les marines de troisième rang
a. La marine russe
b. Les marines chinoise et sud-coréenne
c. Les marines allemande et italienne
d. Les marines espagnoles et australiennes
2.4. Les marines de quatrième rang
a. La marine japonaise
b. Les marines du tiers médian : Pays-Bas, Singapour, Canada, Norvège, Grèce,
Turquie
c. Les marines du tiers inférieur
2.5. Les marines de cinquième et sixième rang
2.6. Quelques réflexions sur les évolutions des structures de force des marines

Chapitre 4. Stratégie des moyens navals
1. L’approche classique
1.1. Les effecteurs de premier rang : porte-avions, porte-aéronefs et grands navires
amphibies
1.2. Les effecteurs de second rang : les sous-marins
1.3. Les effecteurs de troisième rang : les bâtiments d’escorte et de patrouille
1.4. Les systèmes de soutien

2. La mutation de l’armement
2.1. Les mines marines
2.2. Les torpilles
2.3. La missilerie antinavires
2.4. Les missiles de frappe terrestre
2.5. Les nouveaux développements

3. Modularité, marsupialisation et réticulation
3.1. La réduction du format des flottes
3.2. La mutation de la modularité
3.3. La mutation de la marsupialisation
3.4. La mutation de la réticulation

3ème partie : Une stratégie pour le 21ème siècle

Chapitre 5. Les fondements de la puissance navale

1. L’héritage conceptuel
1.1. Les couples fondateurs
a. Maîtrise des mers Vs. guerre de course
b. Sea control Vs. sea denial
c. Flottes en vie Vs. flottes actives
d. L’histoire Vs la technique ; la lourdeur contre la légèreté
1.2. Le couple Mahan/Jomini
1.3. Le couple Corbett/Clausewitz
1.4. Castex, l’entre-deux guerres et Brodie

2. La stratégie navale contemporaine
2.1. Une stratégie pragmatique
2.2. Une stratégie de la flexibilité

Chapitre 6. Guerre totale et opérations limitées

1. Les catégorisations de conflits
1.1. Ni guerre ni paix
1.2. Du renseignement à la prise de décision
1.3. Facteurs humains, corrélation des forces et niveaux d’engagement de la puissance
1.4. Géopolitique, géostratégie, menaces perçues et intérêts vitaux

2. Défensive et offensive en guerre navale 2.1. Relativité de l’opposition entre offensive et défensive
2.2. La défensive en guerre navale
2.3. Le blocus, la bataille décisive et la bataille d’écrasement
2.4. De l’anéantissement à l’attrition : vers une guerre navale d’accrochages

3. Action directe et indirecte
3.1. Relativité des notions
3.2. Symétrie et asymétrie, guerre régulière et guerre irrégulière

Chapitre 7. Les principes de la guerre et la guerre navale

1. De la concentration des forces à celle des effets ; impacts sur l’économie des forces
1.1. Swarming et concentration des feux
1.2. L’économie des forces

2. Unité de commandement

3. Manœuvre, sûreté et surprise : les principes de mouvement
3.1. Les formes de la surprise
3.2. Contrer la surprise

4. L’initiative, clé des opérations navales
4.1. L’initiative tactique
4.1. L’initiative aux niveaux opérationnel et stratégique

5. Quelques considérations sur l’actualité des principes de la guerre
5.1. Le principe de simplicité
5.2. Les facteurs influençant l’application des principes

4ème partie : Tactique, opératique et stratégie navale

Chapitre 8. Les opérations navales combinées

1. Tendances et constantes des opérations tactiques
1.1. La puissance de feu
1.2. La résilience des flottes
1.3. L’éclairage comme facteur de connaissance
1.4. Le processus C2 comme facteur de partage de l’information

2. Les paramètres des opérations au niveau opératique
2.1. La planification des opérations majeures
a. Le rapport à l’espace
b. Le rapport au temps
c. Le rapport aux sociétés civiles
d. Définir la structure de l’adversaire : centre de gravité, points décisifs et
capacités critiques
2.2. La conduite des opérations majeures a. Les moyens et leur engagement : les modes séquentiels et cumulatifs
b. La cinématique des engagements et le point culminant
c. La poursuite et la bataille décisive

Chapitre 9. De l’action vers la terre à la coercition navale

1. Les opérations amphibies
1.1. Evolution et contraintes des opérations amphibies
a. La gestion des moyens
b. Planification et conduite des opérations amphibies
c. Les contraintes tactiques
1.2. Tendances et constantes de la guerre amphibie

2. Action vers la terre et coercition stratégique
2.1. Aéronavales et missiles de croisière
a. Avantage comparatifs
b. Constantes et tendances des aéronavales
c. Constantes et tendances dans l’emploi du missile de croisière
2.2. Diplomatie navale de coercition et problématiques opératives
a. La méthodologie de Warden
b. Warden et la coercition
c. Pape et la coercition
d. Les Effects-Based Operations

Chapitre 10. Diplomatie navale et gestion du chaos

1. De la diplomatie de la canonnière à la diplomatie navale coercitive
1.1. Les formes de la diplomatie navale
a. La diplomatie navale douce
b. La diplomatie navale dure
1.2. Les conditions d’exercice de la diplomatie navale dure

2. La gestion du chaos
2.1. Opérations autres que la guerre et puissance navale
a. Reconfigurations politiques violentes
b. Zones grises, affaiblissement et effondrement des États : la question de la
piraterie
c. Zones grises, affaiblissement et effondrement des États : la question du
narcotrafic
d. Le terrorisme maritime
e. Gestion des crises humanitaires
2.2. Les forces navales face à la gestion du chaos : une réhabilitation de Mahan ?
a. Le sealift, clé de la mise en action des forces terrestres
b. Rapports de puissance, rapports de force et stratégie navale

Conclusion

1. Tendances de fond de l’art de la guerre navale : permanences et résurgences du conflit en mer

2. La guerre navale en perspective : vers le déclin européen ?

Bibliographie

1. Ouvrages et monographies

2. Articles

Index

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