André
Dumoulin, Raphaël Mathieu et Gordon
Sarlet, La politique européenne de
sécurité et de défense (PESD). De
l'opératoire à l'identitaire,
Bruxelles, Bruylant, Coll.
Organisation internationale et
relations internationales, 2003.
Préface de Javier Solana, Haut
représentant pour la PESC.
Visitez
le site des établissements Emile
Bruylant sur
http://www.bruylant.be.
Une
fenêtre d'opportunité s'est ouverte à la
fin des années 90 permettant le
lancement d'une nouvelle politique
sectorielle au sein de l'Union
européenne : la politique européenne de
sécurité et de défense (PESD). Au
service de la politique étrangère de
l'Europe, la PESD se caractérise par la
mise en place d'outils et de procédure
politico-militaires permettant, hors de
l'espace territorial de l'Union, la
projection de stabilité
pluridimensionnelles, grâce aux outils
d'ordre diplomatique, humanitaire,
policier ou militaire dans le cadre des
missions dites de Petersberg. Toujours
en cours, le processus de maturation de
cette PESD aux orientations pragmatiques
et modestes, recèle autant d'ambitions
que de chausse-trappes. Entre le poids
prédominant des capitales,
l'hétérogénéité des cultures
sécuritaires nationales, le différentiel
des Etats en matière de perception de
l'environnement stratégique, les
ambiguïtés du relationnel
transatlantique, les limites budgétaires
et les lacunes opératoires sectorielles,
cette politique européenne commune de
sécurité et de défense devra relever en
ce début de - IIIe millénaire bon nombre
de défis et dépasser maints obstacles se
dressant sur sa route. A partir d'une
démarche à la fois chronologique et
thématique, les auteurs présentent ici
le premier ouvrage universitaire en
langue française réunissant les
différents paramètres de cette PESD très
complexe et encore peu connue, qu'il
s'agisse d'aspects historiques,
politiques, diplomatiques,
institutionnels, procéduriers,
socio-philosophiques, économiques,
technologiques, doctrinaux et militaires
interagissant à la carte dans les champs
nationaux, inter-étatiques et européens.
Les variables et scénarios sont
nombreux, complexifiés eux-mêmes par la
difficulté à clarifier la place de la
PESD dans le cadre élargi de la sécurité
alliée et la prégnance d'une asymétrie
d'objectifs politiques et de valeurs des
deux côtés de l'Atlantique en matière de
gestion de crise. Au-delà, la question
d'un Concept stratégique européen en
propre va bientôt se poser autant que la
recherche d'un nouvel équilibre entre la
PESD et une PESC souvent incantatoire.
En d'autres mots, asseoir l'opératoire
par un identitaire collectif de
légitimation. La pédagogie de la PESD
reste donc à construire. Vaste et
complexe chantier.